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Lucien

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Avec qwant, ce français défie google sur les moteurs de recherche
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Parano ? «Pour des raisons de sécurité bien compréhensibles», selon les termes de son porte-parole, nous ne connaîtrons pas l'âge exact d'Eric Léandri et certains éléments de sa biographie resteront dans le flou... C'est peu dire que ce quadragénaire cultive le secret : sur la Toile, rien ou presque ne transparaît de son parcours. Il s'agit pourtant de l'un des acteurs les plus en vue de la French Tech : ce Corse, ingénieur en informatique, mais surtout businessman et globe-trotteur, a décidé de s'attaquer à la suprématie de Google. Rien de moins ! Avec ses associés, Jean-Manuel Rozan et Patrick Constant, il tente d'imposer une solution européenne face au mastodonte américain.

Qwant, c'est le nom de leur bébé, est un moteur de recherche respectueux de la vie privée - ceci expliquant en partie cela.«Quand j'ai commencé à dire que j'envisageais de créer un moteur de recherche pour concurrencer Google, ça a fait beaucoup rire», admet-il volontiers. De fait, lorsque le trio d'associés dépose les statuts de la société en 2011, Google détient 93% de parts de marché de la recherche sur Internet en France et 95% en Europe ! Ailleurs, cependant, Google n'aligne pas partout des positions aussi dominantes et de nombreux pays ont su faire prospérer des offres concurrentes.

De plus, les trois complices ne sont pas nés d'hier : le financier Jean-Manuel Rozan connaît bien le Web pour avoir investi dans Asmallworld, le réseau social des happy few, créé en 2004. Patrick Constant dirige Pertimm, le spécialiste des moteurs de recherche grand public, qui a équipé les sites d'Auchan, de Monoprix ou de PagesJaunes. Quant à Eric Léandri, un parcours riche dans l'informatique et la sécurité des données, effectué surtout à l'international, en fait un homme tout terrain ou presque.

À lire aussi : Découvrez l'appli révolutionnaire de Qwant qui sécurise vos données

Sa bio express :

1993 : Diplôme d'ingénieur télécoms de l'université de Derby (Royaume-Uni). 1994-1997 : Ingénieur informatique pour la zone Afrique-Amérique du Sud chez United Breweries.

1998 : Il crée Mediacom, entreprise spécialiste des réseaux hertziens. 2007-2008 : DG de Trustmission puis de Mobilegov.

2011 : Fonde Qwant. 2013 : Débuts du moteur de recherche Qwant.

HOMME DE RÉSEAUX. Diplômé de l'université anglaise de Derby, après un premier cycle effectué à Aix-en-Provence, Léandri commence sa vie professionnelle au début des années 1990 au sein du groupe indien United Breweries, comme responsable informatique pour l'Afrique. Non content de commercialiser la célèbre bière Kingfisher, le conglomérat possède en effet des centaines de sociétés sur le continent africain que le jeune ingénieur est chargé d'informatiser et de «brancher» à la maison mère. Avec les aléas propres à l'Afrique : «Se faire livrer des ordinateurs au Rwanda quelques mois avant le génocide, c'est particulier», témoigne-t-il sobrement.

Au bout de deux ans et demi, cet entrepreneur dans l'âme rentre à Paris où il crée sa société, Mediacom, spécialisée dans les transmissions de données par réseaux hertziens, à une époque où on ne parlait pas encore d'ADSL. Il œuvre pour de grands groupes et établit, à Genève, le record d'Europe de la plus longue distance couverte par faisceau hertzien (15 kilomètres). En Corse, notre homme met en réseau l'ensemble des casernes de pompiers du sud de l'île. Puis il devient consultant en sécurité informatique, «pour le compte de gouvernements ou d'importantes sociétés, un peu partout sur la planète».

RESPECT DES DONNÉES PERSO. En 2007 et 2008, Eric Léandri tâte du salariat. Il dirige Trustmission, un spécialiste de la dématérialisation de factures et de courriers, puis Mobilegov, un éditeur de logiciels d'authentification de données. Mais il préfère l'indépendance. Redevenu consultant, il démarche Asmallworld, où il rencontre un des actionnaires, Jean-Manuel Rozan. Son offre de services tourne court, mais, entre les deux hommes, l'entente est immédiate. Ils décident de tenter une aventure bien plus ambitieuse. «Quand l'idée de Qwant a germé, en 2009-2010, raconte Eric Léandri, Google basculait du vieux modèle de la neutralité de l'Internet - un site était bien référencé s'il avait de bonnes infos et une bonne ergonomie - à un modèle où tout se monnayait, référencement, mots-clés, et où, depuis 2009, les données personnelles étaient stockées dans les fameux cookies.»

A l'époque, le géant américain crée en outre Google+ et décide de ne plus indexer les résultats issus des réseaux sociaux... «A cet univers de plus en plus clos, nous avons voulu opposer un moteur de recherche neutre, ouvert, qui ne garde pas de trace des données personnelles et qui indexe les réseaux sociaux, afin de mieux coller à la réalité du Net.» Rejoints par Patrick Constant, les associés mettent 3 millions d'euros sur la table et se donnent deux ans pour réussir. Qwant fait ses débuts dans l'Hexagone le 4 juillet 2013... On l'accuse alors d'être adossé à Bing, le moteur de Microsoft, mais ces rumeurs sont vite balayées.

«Un moteur de recherche, ce sont des robots très coûteux - les crawlers -, qui patrouillent sur Internet pour recenser les sites existants, c'est un index où ces sites sont archivés, et enfin, au cœur du réacteur, c'est un algorithme de classement qui permet de répondre au mieux aux requêtes des internautes. Comme Google avant nous, nous avons démarré avec notre propre système de classement, Yourank, et nous avons acheté une partie de notre index à d'autres moteurs de recherche...» Aujourd'hui, Eric Léandri affirme que tout est propriété de Qwant : les crawlers, l'index et l'intégralité des serveurs, installés en région parisienne.

> Crawler : Il s'agit d'un robot, très coûteux, qui parcourt Internet pour recenser les sites existants. Évidemment, un moteur de recherche digne de ce nom emploie le terme au pluriel. Environ 60 personnes, réparties entre Paris et Nice, font tourner les serveurs et les crawlers de Qwant (photo ci-dessous).

 

©Ian Hanning/REA

©Ian Hanning/REA

 

DÉCIDÉ À DURER. En 2014, le moteur de recherche prend dans ses filets un poisson de taille : le groupe de presse Axel Springer. L'allemand (qui détient également Seloger.com, Aufeminin.com...) a des raisons de vouloir s'émanciper de la tutelle de Google : la création de Google Shopping, en 2012, a entraîné le déréférencement de tous ses comparateurs de prix. Il investit 5 millions d'euros dans Qwant, avec 20% des parts. L'occasion d'acheter de nouveaux serveurs, d'industrialiser les process, de rendre le site un peu plus fun. Et d'acquérir un début de légitimité.

L'année 2015 amène un autre soutien bienvenu : la Banque européenne d'investissement (BEI) décide de soutenir ce «Google européen» à hauteur de 25 millions d'euros - «un argent qui va nous servir à intensifier notre déploiement dans d'autres pays européens». La même année, l'entreprise lance Qwant Junior, un moteur de recherche qui exclut les contenus à caractère sexuel ou violent et obtient le soutien de l’Éducation nationale. En 2016, Qwant Music, déployé en partenariat avec Universal, regroupe sur une page l'ensemble des résultats relatifs à un artiste : actualité, concerts, vidéos, bio, contenus issus des réseaux sociaux...

 

©Michel Gaillard/REA

©Michel Gaillard/REA

 

Puis la fondation Mozilla annonce, en juillet dernier, que le moteur sera intégré par défaut à la prochaine version du navigateur Firefox. «Quand on déclare la guerre à Google, on a besoin de partenaires qui partagent nos valeurs», commente Eric Léandri. Les chiffres suivent. De 1 million de visites en 2013, Qwant est passé à 9 millions en 2015 et à 30 millions fin 2016. En France, sa part de marché reste très marginale, à 2%, mais elle est «directement prise sur Google». L'équilibre financier pourrait même être atteint cette année, grâce au modèle du clic payant, utilisé par Google jusqu'en 2009:   chaque clic sur un site commercial rapporte 80 centimes.

A entendre Léandri, ce n'est qu'un début : Qwant vise 5 à 7% du marché européen et même si les offres de rachat commencent à arriver, il n'est pas question d'y donner suite. «Nous avons passé l'âge de faire des coups, assène l'irréductible Corse. Nous sommes là pour durer.»

> Les chiffres : 7% du marché européen, voilà aujourd'hui l'ambitieuse visée de Qwant. 25 millions d'euros ont été injectés par la Banque européenne d'investissement pour soutenir le Google français. 80 centimes par clic effectué vers un site commercial. C'est ainsi que Qwant se finance.

L'EUROPE, L'AUTRE PATRIE DE GOOGLE

Souvent sous le feu des critiques, Google règne pourtant sans partage sur le Vieux Continent : 95% du marché européen du search lui est aujourd'hui acquis ! Alors qu'il ne revendique «que» 60% de parts de marché aux États-Unis, 65% au Brésil, 50% au Japon, 45% en Russie, 25% en Chine et... 8% en Corée du Sud. La plupart de ces pays proposent des alternatives locales pour la recherche en ligne : Yandex en Russie, Naver en Corée du Sud, Baidu en Chine... En Europe, seule la République tchèque échappe à l'omniprésence du moteur américain grâce à un outil 100% local : Seznam.

Marie Le Tutour

 

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Tags :
Google Internet BigData MoteurDeRecherche Qwant
Ajouté par Lucien Longchamps, le 28/03/2017

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